Une fratrie qui se dispute n’est pas un échec, selon la psychologue Catherine Rioult

Jeux, vacances, patience : selon la psychologue Catherine Rioult, la complicité fraternelle se construit par des occasions partagées, jamais par l’obligation.

Mehdi Saadi Par Mehdi Saadi
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Une fratrie qui se dispute n’est pas un échec, selon la psychologue Catherine Rioult
Un groupe d’enfants et d’adolescents en pleine randonnée sur un sentier en forêt.

En bref

  • La complicité entre frères et sœurs ne se décrète pas, selon la psychologue Catherine Rioult.
  • Activités partagées et vacances offrent des occasions de se retrouver autrement.
  • Rivalité et jalousie sont fréquentes ; mieux vaut les nommer que les nier.
  • Éviter les comparaisons laisse chaque enfant avancer à son rythme.

Vous rêvez d’enfants inséparables, mais les voilà qui se disputent pour une télécommande. Cela arrive dans bien des familles et ne signale aucun échec : selon Parents · Actualités, Catherine Rioult, psychologue et docteur en psychopathologie clinique, souligne qu’on ne peut pas décréter l’entente entre frères et sœurs. Les parents ont toutefois la possibilité de réunir des conditions favorables, sans exiger que les enfants s’apprécient.

Une relation qui alterne les périodes fastes et les moments plus difficiles

Rivalités, jalousie, disputes, différences de caractère : tout cela fait partie de l’histoire commune d’une fratrie. Catherine Rioult invite à ne pas idéaliser ces liens et évoque un « mythe des parents », celui de l’espoir que les enfants forment plus tard une équipe.

Deux occasions de se retrouver : jouer et partir en vacances

Les intérêts des frères et sœurs ne coïncident pas toujours. Certaines expériences vécues ensemble peuvent néanmoins les rapprocher avec le temps.

Deux adultes et deux enfants assis autour d’une table basse jouent à un jeu de plateau.
Les moments de jeu partagés au sein de la famille contribuent à tisser des liens durables entre frères et sœurs. Photo : Bill Branson (Photographer) / Wikimedia Commons
  1. Partager des activités qui réunissent. Elles leur permettent de se retrouver autrement qu’au milieu d’un quotidien rythmé par l’école et les obligations. La psychologue suggère d’organiser des jeux ou des sorties qui rassemblent, par exemple des randonnées. Elle précise : « L’objectif n’est pas de les obliger à devenir fusionnels, mais de leur donner des occasions de vivre des expériences ensemble et de créer des souvenirs communs ».
  2. Profiter des vacances. Durant l’année scolaire, chaque enfant a ses propres activités, ses amis et ses contraintes. Les vacances laissent davantage de temps à passer ensemble, pour échanger dans un cadre différent et faire retomber les tensions accumulées. Catherine Rioult affirme : « C’est le moment où ils se retrouvent ensemble, au sein de la famille et durant lequel ils peuvent s’apprivoiser ». Elle recommande de favoriser des instants plaisants, qui invitent à se détendre et à discuter.

Pour un papa, cela peut se traduire par une sortie à pied ou une partie de jeu proposée à tous, sans exigence de résultat.

Laisser la relation évoluer sans forcer

Il n’est pas nécessaire que frères et sœurs s’accordent à chaque instant. D’après la psychologue, la jalousie et la rivalité se rencontrent souvent, en particulier lorsqu’un aîné doit désormais composer avec l’arrivée d’un bébé et partager l’attention de ses parents. Ce qui compte, c’est que l’enfant puisse mettre des mots sur ce qu’il ressent, sans être culpabilisé et sans qu’on lui réclame une tendresse immédiate.

Elle relativise : « Ils peuvent se détester un moment pendant une période et après s’entendre mieux. Mais ça fait partie de la vie ».

Ne pas comparer, accepter les différences

Les parents gagnent également à éviter les comparaisons entre leurs enfants, par exemple en insistant sur le fait que l’un obtient de meilleurs résultats que l’autre. Chacun possède son caractère, ses besoins propres et son allure.

D’après l’article, l’entente se bâtit peu à peu grâce aux expériences vécues à plusieurs, et chaque enfant garde le droit de rester différent des autres.

Photo : KATRIN BOLOVTSOVA / Pexels