Un monstre sous le lit n’est pas un caprice, selon une psychologue

Monstre sous le lit, fantôme, crainte du kidnapping : la psychologue Ariane Calvo voit dans ces frayeurs des étapes de construction, pas des caprices.

Vincent Le Bihan Par Vincent Le Bihan
3 min de lecture
Un monstre sous le lit n’est pas un caprice, selon une psychologue
Une lampe de chevet allumée diffuse une lumière chaude dans une chambre plongée dans la pénombre, à côté d’un lit.

En bref

  • Selon la psychologue Ariane Calvo, les peurs imaginaires accompagnent des étapes du développement psychologique de l’enfant.
  • Elles suivent des stades classiques, des animaux qui mordent jusqu’aux monstres et aux fantômes.
  • L’enfant a surtout besoin de sentir la protection et la veille de son parent.
  • Des peurs trop présentes ou durables méritent une attention particulière.

Un enfant qui voit un monstre dans sa chambre ou redoute d’être kidnappé n’est pas capricieux. D’après Parents · Actualités, ces frayeurs s’associent parfois à divers paliers de sa construction psychique. La psychologue clinicienne et psychothérapeute Ariane Calvo y détaille ce qu’elles révèlent.

Des peurs qui ont un sens, même quand elles semblent absurdes

Pour Ariane Calvo, « les peurs imaginaires font partie intégrante du développement de l’enfant ». Certaines semblent complètement absurdes vues par les grandes personnes, pourtant elles possèdent bien une signification. C’est pourquoi l’article invite à ne pas minimiser les émotions des enfants.

Les parents contribuent d’ailleurs souvent à nourrir ces craintes avec les histoires qu’ils racontent. Le loup du Petit chaperon rouge, l’ogre de Hansel et Gretel : ces récits ont été imaginés pour faire frissonner, et ils y parviennent. D’où la prudence recommandée sur les lectures du soir.

Une progression par stades

La psychologue décrit de grands stades de développement assez classiques. L’article ne rattache aucun âge précis à chacun d’eux. Voici l’ordre dans lequel les peurs se succèdent :

Un homme assis au bord d’un lit tient un livre ouvert à côté d’une enfant endormie, entourée de peluches.
Un adulte tient un livre d’images ouvert près d’une enfant endormie dans son lit, avec des peluches sur la couette. Photo : cottonbro studio / Pexels
  1. la peur des animaux qui mordent
  2. la peur des animaux qui piquent
  3. la peur de l’intrusion, qui peut concerner le voleur, parfois le père Noël
  4. la peur d’être kidnappé ou dévoré
  5. viennent des angoisses davantage métaphysiques, telles que le monstre ou le fantôme

Ces dernières, qui peuvent surprendre, correspondent elles aussi à une étape de la construction psychologique. Ariane Calvo l’explique ainsi : « À travers ces différentes peurs, l’enfant comprend petit à petit sa vulnérabilité et la possibilité de sa fin / sa mort ». Cette prise de conscience progressive peut être impressionnante pour lui, car il intègre qu’il sera un jour séparé de sa famille.

Ce dont l’enfant a besoin : se sentir protégé

Comment l’enfant parvient-il à apprivoiser ces craintes ? Selon la psychologue, « il assimile ces peurs en cherchant un moyen de les contrôler ». Cela suppose en partie de saisir la réalité du danger, sans s’y limiter. Le parent joue alors un rôle capital : avant tout, l’enfant doit sentir que l’adulte le protège et veille sur lui.

La spécialiste souligne que l’enfant perçoit son incapacité à se défendre seul face à de nombreuses situations. Il ne dispose ni de la maturité, ni de la conscience, ni même de la vigueur du corps pour affronter les difficultés de l’existence. La présence apaisante d’un papa ou d’une maman lui permet donc d’apprivoiser progressivement ce qui le tracasse.

Au contraire, quand l’enfant a l’impression que son parent est absent ou inattentif, car trop fragile lui-même, un énorme sentiment de vulnérabilité s’installe peu à peu, prévient Ariane Calvo.

Quand ces peurs demandent plus d’attention

Ce manque de sécurité peut rendre certaines peurs plus envahissantes. « C’est là que les phobies et l’anxiété peuvent se cristalliser et s’installer », prévient la psychologue. Une peur reste donc souvent une étape de croissance, mais elle mérite une attention particulière lorsqu’elle devient trop présente ou s’installe durablement.

Photo : Juan Pablo Serrano / Pexels