Quand le bébé d’un mois dort-il trop peu ? Ce qu’il faut regarder
Une puéricultrice décrit l’écart entre deux nouveau-nés du même âge et les gestes qui aident à poser des repères de jour et de nuit, tout en couchant l’enfant en sécurité.
En bref
- À un mois, le sommeil est encore en construction et varie beaucoup d’un bébé à l’autre.
- Le rythme jour/nuit n’existe pas encore : la mélatonine n’apparaît que vers 6 à 8 semaines.
- Sur le dos, sur un matelas ferme et sans objet : ces règles valent aussi pour les siestes.
- Un bébé difficile à réveiller ou qui perd en tonus doit être vu par un professionnel.
Entre deux enfants du même âge, l’écart de sommeil peut atteindre plusieurs heures. C’est ce que constate Pauline Lotte, infirmière puéricultrice en région parisienne et spécialiste du sommeil, qui a fait le point sur les besoins d’un bébé d’un mois auprès de Parents.
Des fourchettes larges, un sommeil en chantier
À cet âge, le sommeil se construit encore et la variabilité est grande d’un enfant à l’autre. Pauline Lotte rappelle que « plus que la quantité globale de sommeil, ce qui compte est que l’enfant ait des plages de sommeil régulières sur 24 heures ». Elle décrit aussi des différences marquées : « On peut observer plusieurs heures d’écart entre deux enfants. Un bébé qui dort assez peu pourrait être sur 15-16 heures de sommeil en moyenne sur 24 heures, alors qu’un bébé qui dort beaucoup sera plutôt sur 18 à 20 heures ».
L’explication tient à l’horloge biologique, encore immature : la sécrétion de mélatonine ne démarre qu’à partir de 6 à 8 semaines de vie. Le nourrisson n’a donc pas de véritable alternance entre le jour et la nuit.
Des nuits morcelées, mais un peu moins
Les nuits restent hachées, même si les plages de sommeil y sont un peu plus longues. Les réveils ont des raisons simples : un repas, un soin, ou un besoin d’être rassuré.

Le sommeil s’organise en cycles. Parents évoque des cycles de 40 à 50 minutes qui alternent phases agitées et phases calmes, tandis qu’une autre spécialiste, Caroline Decré, parle d’environ 50 minutes de la naissance à 3 mois. La durée exacte varie donc selon les repères retenus.
Poser des repères et coucher en sécurité
Pauline Lotte conseille de laisser le bébé dormir à son rythme, tout en installant des repères entre le jour et la nuit :
- en fin de journée, « tamiser la lumière » et réduire les stimulations ;
- la nuit, limiter les interactions et ne pas allumer la lumière ;
- le jour, une ambiance vivante autour de lui.
Pour prévenir la mort inattendue du nourrisson, plusieurs règles s’appliquent, y compris pendant les siestes :
- allonger l’enfant sur le dos, sur un matelas plat et ferme ;
- ne placer dans le lit ni oreiller, ni couverture, ni tour de lit, ni doudou ;
- garder le berceau dans la chambre des parents jusqu’à 6 mois, sans partager leur lit ;
- éviter la fumée de tabac et ne pas surchauffer la pièce.
Quand demander un avis médical
Le nombre d’heures compte moins que le comportement. Selon Pauline Lotte, « un bébé qui dort beaucoup mais qui est tonique quand il est réveillé et mange régulièrement, il n’y a rien d’inquiétant ».
À l’inverse, la puéricultrice indique qu’un bébé qui dort très peu ne pose pas, en soi, de problème médical. Elle recommande toutefois l’avis du pédiatre s’il lutte contre le sommeil, reste longtemps éveillé la nuit ou paraît nerveux.
Photo : Randall Hammer / Pexels