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Cinq phrases lancées dans la colère qui blessent l’enfant

Culpabiliser, comparer, menacer de pension… Le psychologue Pascal Anger détaille ces mots qui échappent aux parents excédés et propose quoi dire à la place.

Vincent Le Bihan Par Vincent Le Bihan
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Cinq phrases lancées dans la colère qui blessent l’enfant
Une fillette repliée sur elle-même. Le psychologue Pascal Anger relève des phrases lancées dans la colère qui blessent l’enfant.

En bref

  • Le psychologue Pascal Anger, interrogé par le magazine Parents.fr, identifie notamment la culpabilisation, la comparaison avec l’autre parent, le rejet de la personne, la menace d’éloignement et l’étiquette dévalorisante.
  • D’où son conseil de souffler avant de parler : à ses yeux, la colère représente une énergie à canaliser pour ne pas en être submergé.
  • Reste un message à faire passer : on peut être furieux après une grosse bêtise tout en continuant à considérer et respecter son enfant, sans que l’amour qu’on lui porte soit jamais remis en jeu.

Quand la tension déborde, certaines phrases font plus de dégâts que la bêtise qui les a provoquées. Le psychologue Pascal Anger, interrogé par le magazine Parents.fr, identifie notamment la culpabilisation, la comparaison avec l’autre parent, le rejet de la personne, la menace d’éloignement et l’étiquette dévalorisante. La règle qui les relie tient en peu de mots : on reproche un acte, jamais ce que l’enfant est.

Une colère légitime, qui ne s’éteint pas sur commande

Un enfant qui n’obéit pas, qui raconte des mensonges, qui cherche la provocation ou fait la sourde oreille : chaque papa connaît ces scènes où l’agacement grimpe. Derrière, il y a souvent autre chose que la bêtise elle-même. La peur, la fatigue, le sentiment d’une injustice ou celui de parler dans le vide alimentent l’explosion.

Ressentir de la colère n’a rien d’anormal. Le problème commence lorsqu’elle sert d’excuse pour rabaisser ou faire mal. Pascal Anger le formule sans détour : accuser l’autre, l’attaquer de front, agir sous le coup de l’impulsion et laisser libre cours à sa colère ne mène à rien.

Il rappelle aussi qu’apprivoiser cette émotion prend du temps : elle ne retombe pas toujours dès la fin de la crise. D’où son conseil de souffler avant de parler : à ses yeux, la colère représente une énergie à canaliser pour ne pas en être submergé.

Une mère serre sa petite fille contre elle et l’embrasse sur la joue
Une mère serre son enfant contre elle. L’enfant doit savoir ce qu’on lui reproche, sans croire que le lien avec son parent vacille. Photo : StockSnap / Pixabay

Les phrases qui échappent et ce qu’elles provoquent

Phrase à éviter, en substance Ce que l’enfant risque d’en retenir
Rendre l’enfant responsable des disputes du couple (« À cause de toi… ») Il endosse un poids qui n’est pas le sien, se sent fautif ou croit devoir changer pour que ses parents cessent de se disputer.
Le comparer à l’autre parent (« le portrait de ta mère ») Enfermé dans une comparaison, il peut penser qu’il porte des défauts impossibles à corriger.
« J’en ai marre de toi » Il peut comprendre que c’est lui, en tant que personne, qui lasse, et non son geste du moment.
Menacer de l’éloigner de la maison (« on te met en pension ») Il entend qu’il pourrait être séparé de sa famille ; petit, il n’a pas toujours le recul pour relativiser.
Le réduire à une étiquette (« un bon à rien ») Un jugement sur toute sa personne, source de culpabilité ou d’insécurité.

Sur la comparaison avec l’autre parent, le psychologue insiste sur la nécessité de clarifier les choses pour faire retomber la pression, sans jamais présenter l’autre parent comme nul ni le pointer du doigt. Ce qui compte, c’est ce qui se joue ici et maintenant, avec un adulte qui reste une figure d’attachement stable plutôt qu’un parent qui en fait trop.

Reformuler en visant l’acte, pas l’enfant

Le principe : ne jamais porter de verdict global sur l’enfant. Plutôt que d’empiler les reproches, le parent gagne à exprimer ce qu’il ressent et ce dont il a besoin. Pascal Anger le résume ainsi : un parent n’a pas à se conduire comme un enfant capricieux, car il sait dire ses désirs, ses besoins et sa frustration.

Avant d’intervenir, le psychologue recommande de réorganiser ses pensées, de respirer et de retrouver son calme. Ce conseil vaut pour les accès d’agacement ordinaires : il ne remplace pas un accompagnement quand la colère devient difficile à contenir au quotidien.

Reste un message à faire passer : on peut être furieux après une grosse bêtise tout en continuant à considérer et respecter son enfant, sans que l’amour qu’on lui porte soit jamais remis en jeu.

Photo : Bgmfotografia / Pixabay

Vincent Le Bihan

Paternité, enfance, santé et vie de famille

Vincent Le Bihan

Vincent Le Bihan a travaillé comme technicien de maintenance sur les ferries entre Roscoff et l'Irlande. Aujourd'hui papa à temps partiel, il écrit sur les loisirs en famille et l'organisation du quotidien : repas, trajets, budgets. Il emmène ses enfants pêcher à pied à chaque grande marée.