Après une année cadrée, l’enfant a besoin de vacances sans programme
Après une année rythmée par les apprentissages, un temps sans programme permet souvent à l’enfant de retrouver une allure plus spontanée pendant les congés.
En bref
- Réclamer de ne rien faire en vacances ne traduit pas nécessairement un manque d’envie.
- Après une année structurée, l’enfant a besoin de souffler et de retrouver un rythme plus libre.
- Certains enfants très occupés supportent mal le vide : le parent peut suggérer des pistes sans imposer.
- Avec le temps, l’enfant découvre qu’il sait jouer et imaginer seul.
Un enfant qui demande à rester à la maison, à traîner ou à ne rien faire pendant les vacances n’est pas forcément en panne d’envie. C’est ce que rapporte Parents.fr, qui s’appuie sur la psychologue Moune Haguenauer. Pour un papa qui avait imaginé balades, sorties et journées bien remplies, la déconvenue est compréhensible, mais elle a de bonnes raisons d’exister.
Des vacances pour souffler après une année cadrée
Pendant l’année scolaire, les journées d’un enfant sont organisées en grande partie de l’extérieur : horaires, apprentissages, devoirs, activités et sollicitations de toutes sortes. Quand les congés arrivent, la rupture peut être sensible, surtout chez les plus jeunes. « Après une année scolaire rythmée par les apprentissages et les nombreuses sollicitations, les vacances représentent un temps de récupération essentiel », explique Moune Haguenauer, psychologue.
Un enfant qui réclame soudain de ne rien faire ne gâche donc pas forcément ses vacances. Il peut chercher à retrouver une cadence moins contrainte. Selon la psychologue, aligner les activités ne favorise pas toujours cette récupération : en passant d’une occupation à une autre, il continue de vivre dans un mode où chaque moment est décidé par d’autres que lui.
Elle estime aussi qu’il lui faut, pendant les vacances, des périodes plus paisibles pour se reposer, digérer ses expériences récentes et revenir à une allure plus spontanée. Rester dans sa chambre quelques heures ou jouer sans but précis a donc sa place dans une journée de congé.
Ce que l’ennui apporte, et ses limites
L’ennui n’est pas nécessairement un défaut. Moune Haguenauer le décrit comme « un véritable moteur du développement » : faute de stimulation immédiate, l’enfant est conduit à faire appel à son imagination et à trouver lui-même de quoi occuper son temps.
Proposer sans tout organiser
Savoir s’occuper seul ne va pas de soi. « Cette capacité s’apprend progressivement », rappelle la psychologue. Le parent peut accompagner son enfant sans reprendre aussitôt le rôle d’animateur :
- avancer quelques pistes, sans décider à la place de l’enfant ;
- le laisser essayer, même si le premier essai est hésitant ;
- accepter qu’il n’ait pas besoin d’un adulte à chaque minute.
Pour Moune Haguenauer, « le rôle du parent n’est pas de remplir chaque minute de la journée ». Un papa peut donc relâcher la pression : laisser du temps libre n’a rien d’une démission.
Ce que l’enfant y gagne au fil des jours
Selon Parents.fr, petit à petit, l’enfant s’aperçoit qu’il est capable de créer, d’imaginer et de jouer tout seul. Dire qu’on ne veut rien faire peut alors simplement signifier qu’il profite enfin de ce que son quotidien lui offre rarement : du temps libre.
Concrètement, un après-midi passé à traîner sur le canapé, à feuilleter un livre ou à bricoler un jeu avec ce qui traîne n’a pas à être vécu comme un échec par le parent. D’après la psychologue, ces moments servent à la fois à se reposer et à laisser émerger des envies qui viennent de l’enfant lui-même, plutôt que d’un emploi du temps dressé à sa place.
Quant à l’adulte qui s’inquiète d’une journée sans sortie, le propos de la psychologue l’invite à regarder ce que l’enfant fait réellement de ce temps : s’il flâne, joue sans objectif ou invente quelque chose, il est déjà en train de retrouver un rythme à lui.
Photo : Keira Burton / Pexels