Hocine Batouche, tué à Alès en 1999, l’enquête piétine
Parti acheter un pot de confiture un samedi de juillet, le garçon n’est jamais rentré. Un appel à témoins du parquet d’Alès a relancé le dossier en mai 2025.
Plus de vingt ans après la mort d’Hocine Batouche, un enfant de 9 ans tué à Alès (Gard) en 1999, personne n’a été retrouvé, malgré l’appel à témoins lancé par le parquet d’Alès en mai 2025.
En bref
- Le 10 juillet 1999, Hocine Batouche part vers 15 heures faire une course au Super U du quai Bilina.
- Un ticket de caisse daté de 15h33 prouve qu’il a bien effectué son achat.
- Son corps est découvert le 10 août 1999 au pied du crassier d’Alès.
- Le parquet d’Alès a lancé un appel à témoins en mai 2025, sans suspect identifié.
L’affaire, rappelée par actu.fr en octobre 2026, part d’une scène d’une banalité absolue : une course confiée à un garçon, un après-midi d’été. Pour beaucoup de parents, c’est précisément ce qui la rend si difficile à lire. Voici ce que l’on sait, dans l’ordre où les choses se sont produites.
Une course au supermarché qui tourne au drame
Le déroulé de cette journée tient en quelques repères horaires, tous situés le même jour.
- À la demande de sa mère, Hocine part de chez lui pour acheter de la confiture au supermarché Super U situé quai Bilina, à Alès.
- Le passage en caisse est enregistré : le ticket montre que l’enfant a bien acheté ce qu’on lui avait demandé.
- Inquiète de ne pas le voir revenir, sa mère envoie ses deux fils aînés à sa recherche. Ils ne trouvent rien.
- La disparition est signalée au commissariat et une enquête est ouverte.
Ce ticket de caisse reste la dernière trace concrète du garçon ce jour-là. Les investigations des semaines suivantes, elles, ne produisent aucun élément susceptible de faire progresser le dossier.
Un mois de recherches, puis la découverte au pied du crassier
Le 10 août 1999, soit un mois jour pour jour après sa disparition, le corps d’Hocine est découvert au pied du crassier d’Alès, ce terril qui domine une partie de la ville. L’endroit est difficile d’accès, et ce sont des soldats de la Légion, mobilisés en renfort des recherches, qui le trouvent.
Le garçon ne porte plus qu’un t-shirt. Le reste de ses vêtements n’a jamais été retrouvé. Les constatations établissent qu’il a eu le crâne fracassé par un objet contondant. En revanche, il n’a jamais pu être déterminé s’il avait subi des violences sexuelles.
La procédure change alors de nature : l’affaire est requalifiée en meurtre et enlèvement. Mais ni l’auteur, ni le mobile, ni les circonstances exactes de la mort ne sont connus à ce jour.

Mai 2025, un appel à témoins pour relancer le dossier
Le parquet d’Alès a diffusé en mai 2025 un appel à témoins. Le document décrit l’enfant tel qu’il était habillé ce samedi-là : un short, un t-shirt et des claquettes. L’objectif, pour la justice, était de susciter des souvenirs chez des personnes qui l’auraient croisé.
Le procureur de la République d’Alès, Abdelkrim Grini, a pris soin de préciser la portée de cette démarche, dans des propos tenus à BFMTV :
« Je ne dis pas qu’on a identifié quelqu’un , mais on a des éléments que l’on souhaite pouvoir corroborer avec l’appel à témoins »
Abdelkrim Grini, procureur de la République d’Alès
Aucun suspect n’a donc été désigné publiquement, et la nature des éléments évoqués par le magistrat n’a pas été rendue publique.
Une famille marquée, à Alès
Les parents d’Hocine ne sont plus là pour voir l’enquête avancer : ils sont décrits comme « morts de chagrin ». Ses frères aînés, ceux-là mêmes qui étaient partis le chercher dans l’après-midi du 10 juillet 1999, habitent toujours Alès, la capitale des Cévennes. Ils ont assisté en mai 2025 à ce que l’enquête considère comme un tournant, avec l’espoir qu’un témoignage, même tardif, apporte enfin une réponse sur ce qui est arrivé à leur petit frère.
Photo à la une. Source : Wikimedia Commons. Photographe : Simon Speed. Licence : CC0.